Journal 2018

13 février : Lancement d’un crowdfunding

Création de Mémorial, un oratorio pour l’Europe

souffles accordés
des poitrines que soulève
le rire du vent

20 janvier : En hommage à Paul Bocuse décédé aujourd’hui, un poème en anagrammes :

m’as à manger

Élu -coup bas-
A bu opus clé :
Cep bu au sol.
Soûl. Bec pua.

Abus ! Coulpe !

Paul Bocuse
Coupe l’abus.
Poêla suc bu.
 » Ô plus au bec ! »

Voir la page de ce poème

18 janvier : En réaction à un belle page de Giovanni Merloni « Suffit-il d’une visite à Auschwitz pour apprendre à combattre la banalité du Mal ?  » ce message sur twitter :

Le Mal en ses grands bras berce l’âme en chantant
Et l’enfance malade, en sa messe d’antan,
S’attrape à sa caresse. Hélas elle l’attend,
La charrette de l’ange avançant dans l’étang.

15 janvier : La ronde, échange périodique bimestriel de blog à blog. Aujourd’hui le thème est « paysage(s) ». Je suis très heureux d’accueillir Jean-Pierre Boureux :

Paysage

Je le vis tant évoluer au cours de multiples et attentives observations que je me rendis compte que ce paysage, « mon » paysage, avait peu de réalité en dehors de ma pensée. L’observateur rend sensible dans l’instant et comme tangible ce qui évolue en permanence, sans existence autre que celle d’un amoncellement désordonné de matières et d’êtres. Dès lors tout devient paysage, le plus vrai est celui que je crée et il a autant de vérité que celui évoqué par des hommes de plume ou de pinceaux. Ainsi la couleur jaune devient-elle soleil et la rivière Aisne le Nil dans des paysages irréels mais si présents, comme vous le constatez ci-après.

Alain, Propos, L’apparence sacrée, 1er juillet 1933, La Pléiade, nrf, 1956, p. 1166

… « Ce que représente le peintre, et selon toute la force du mot, c’est l’heureux premier moment et la première rencontre ; c’est la jeunesse d’une pensée. … Il balaie le paysage réel ; il nous remet dans le temps sauvage où l’on ne le voit pas encore. Ces collines lointaines, je ne sais ce que c’est et je ne le saurai jamais. … »

Lorsque dans l’année 1956 essentiellement, Pablo Picasso réalise une série d’une douzaine de toiles : « Les Ateliers », un an après sa série des « Femmes d’Alger » il leur a donné pour nom : « Paysages d’intérieur ». Picasso a peint peu de paysages, ci-dessous : « Paysage nocturne » une huile sur toile (146 x 114 cm) exécutée le 26 septembre 1951.

LaRonde-janv18-PicassoPaysageNocturne1951Hst146x114.jpg

« … Il y a des peintres qui font du soleil une tache jaune, mais il y en a d’autres qui par leur pensée et leur talent, font d’une tache jaune le soleil. » Picasso.

Klaus Gallwitz, Picasso Laureatus, son œuvre depuis 1945. La Bibliothèque des Arts, Lausanne et Paris, 1971, p. 51

Lisons encore, transportés dans un inattendu paysage, les réflexions du naturaliste, théologien et en la circonstance, brancardier et combattant Pierre Teilhard de Chardin. Il vient de quitter le Chemin des Dames et se souvient des jours d’avril à juin 1917, où lors de périodes de repos il séjournait parfois au-dessus des rives de l’Aisne. Il sculpte par mots un panorama mémorisé depuis la « côte 162 » immédiatement au-dessus du village de Révillon (Aisne), l’une de ses haltes paisibles. [localisation = J.-P. Boureux]

 « Et mon rêve se précise. La crête dévastée dont la silhouette, de plus en plus violacée, meurt dans le jaune pâlissant du ciel, est devenue tout à coup le plateau désertique où j’ai si souvent nourri, comme en un mirage, mes projets de découverte et de science, en Orient. Devant moi, au-delà des prairies, voilées de brume naissante, où les coudes de l’Aisne font des taches laiteuses, la crête dénudée du Chemin des Dames se détache, nette comme une lame, sur le couchant doré, moucheté de drachen. … L’eau qui blanchit dans la vallée, ce n’est plus l’Aisne : c’est le Nil, dont le miroir lointain m’obsédait jadis comme un appel des Tropiques. Je me crois maintenant assis au crépuscule, vers El-Guiouchi, sur le Mokkatam, et je regarde vers le sud… » [banlieue du Caire]

Pierre Teilhard de Chardin, La nostalgie du front in Ecrits du temps de la guerre, Grasset, 1965.

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Révillon, Côte 162, rives d’Aisne en-dessous du Chemin des Dames, aquarelle J.-Pierre Boureux

Pour ma part j’ai le bohneur d’être accueilli par Giovanni Merloni pour « le mur d’en face »
le mur d’en face

la fenêtre
donne sur la cour
Ram voit à travers les carreaux
le mur aveugle où rien ne vient trancher sur le gris
sauf une humidité phosphorescente et du pigeon cette coulure laiteuse
il s’assied pose à côté de lui son sac vide et son manteau de grosse laine il regarde l’autre côté de la cour et ce mur

et ce mur
qui n’a jamais vu
le ciel ouvre sans prévenir
une transparence où sous un soleil de velours
Ram reconnaît au centre du hameau son toit de tôle sa porte et le banc bleu

sous le pont
le torrent qui danse
sur la place hurlent deux chiens
autour les bambous dressent leur mystère immobile

sur l’asphalte
deux corps dénudés
son père et sa petite sœur

Ram a froid
il se lève et ferme

le volet

Vassily_Kandinsky,_1932_-_Unequal

Voir la page de ce poème chez Giovanni Merlonisur ce site

 

10 janvier : Un jugement condamne une femen pour exhibitionnisme. Ce pangramme (un peu long !) reprend tous les mots d’une phrase célèbre.

Ce vieux juge, de femme ayant poitrine nue,
Fumant de rage, a fustigé l’exhibition.
Son whisky bu, porta l’estoc avec passion.
Devinez qui est blond : la réponse est connue !

Voir la page de ce poème

1er janvier : Après les vœux de notre président :

#questcequejepeuxfairepourlepays réponse pour quatre matins :

Contribuer à le débarrasser de ses parasites
Démasquer leur serviteur mis à la tête de l’Etat
Avec tous ceux qu’ils veulent asservir relever la tête
Abattre les temples de l’argent bâtir celui du bonheur