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Dernier haïku dans Hydrea:
un tyran vainqueur
une ville assassinée
un ciel rouge sang

15 mars : Nouvelle édition de La Ronde, échange bimensuel entre blogs. Pour ce jour le thème est « Cuisine » avec un incipit imposé « Ils vont où les oiseaux ». J’accueille avec plaisir un poème de Céline Gouël :

Ils vont où, les oiseaux dans le gris
D’un ciel blanc sur mer vague ?

A table
Sur la digue
Une mouette passive
Attend un poisson
Qui viendrait par l’écume

Ils vont où, les oiseaux dans le froid
D’une heure blanche sur temps gris ?

Tournoiements d’ailes pressées
Plongeons chronométrés
et coups de becs
Pour un poisson pris
Pour cent tous à sec

Ils vont où, les oiseaux dans l’image
D’une grève floue sur silences ?

La mouette immobile
Scrute la vague avare
Attend longtemps
Pour rien
Que le vent

Ils vont où, les oiseaux hors cadre
D’un œil borné sur marées ?

Où bon leur semble
Et libres
Faire cantine
Sans cuisine
Ils volent loin
Le temps de faire passer
Un vague déjeuner.

ronde-mars-2017-Celine

Mon poème « La plume et le plomb » a quant à lui la chance de paraître sur le beau site de Guy Deflaux

La plume et le plomb

Ils vont où, les oiseaux qui ce matin rassemblent leur armada, dont tremblent champs, arbres et roseaux ?

Ils vont où, les oiseaux dont le chant, qui serpente en mélopée ardente, s’effile grazioso ?

Ils vont où, les oiseaux quand, de l’affut de branches, le plomb claque en biseau, les fauche et les déhanche ?

Ils vont où, les oiseaux, quand fane cette pousse qui sous la lune rousse entrouvrait son fuseau ?

Ils vont où, les oiseaux qui gisent et hoquètent quand le chien, dans sa quête, ouvre grand son museau ?

Ils vont où, les oiseaux dont l’étourdi paso se calme et, houle sage, rejoint le grand voyage ?

Ils vont où, les oiseaux qu’offre en sa gibecière le colosse en houseaux sur la table fermière ?

Ils vont où, les oiseaux que le soleil aspire hors de ce triste empire de brume et mortes-eaux ?

Ils vont où, les oiseaux dont le fil du ciseau tranche la plume fauve, le cœur, l’artère mauve ?

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Ils vont où, les oiseaux, survolant monts et plaines, sillonnant des réseaux, vers quelle aube sereine ?

Ils vont où, les oiseaux quand valsent sous la hotte couvercles et cocottes en cacerolazo ?

Ils vont où, les oiseaux, virgules plus légères que l’once ou le tréseau, poursuivant leurs chimères ?

Ils vont où, les oiseaux sous le coulis de figue au thym de la garrigue, avec un trait d’ouzo

Ils vont où, les oiseaux loin des havres basaux, que l’espérance entraîne, et l’appel des sirènes ?

Ils vont où, les oiseaux que l’incisive taille, que la canine fouaille, que hument les naseaux ?

Ils vont où, les oiseaux rêvant d’amours sans règles, sans honte, sans préso, de tendresses espiègles ?

Ils vont où, les oiseaux quand le vin se diffuse et la fille confuse sourit au damoiseau ?

Ils vont où, les oiseaux, balbutiants ragazzos dont la course pionnière approche la lumière ?

Ils vont où, les oiseaux, quand s’achève la fête, et qu’au bord de l’assiette se dessèchent les os ?

Ils vont où, les oiseaux, libres de liens causaux, retrouver la rivière enfin qui désaltère ?

 

Dernier texte dans le recueil Oripeaux (28 février) :

Un texte pour l’Oulipienne de l’année, Michelle Grangaud :

Libération

Traverse la terre, la rive et le fleuve :
démente née en geôle, fissile esprit,
enfin vit l’indicible désir.

L’infidèle choisit l’or,
corrompt l’intègre prisonnier.
Celui-ci sous son corset de bois tombe et trahit.
L’impur consort possède surtout
le rêve liminal où trônent de faux anges ivres
si tristes qu’on brûle de les battre.
« Hiver primitif ! Vivant nuage ! »
Trille des cris pleins d’opioïde.

Chape si belle, pense-t-il, pour moi :
l’ondine siffle et m’inhibe
ondulant sur l’horizon, indécente, si insinuante.
Sans un mot il rompt le fil,
ce fil dont il a chéri
le blanc suçon qui le tint moribond en prison.

Il s’en va musant,
roi polisson d’un îlot nu.

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Journal

8 mars : Journée internationale des droits des femmes.

Traverse le verre
Celle qui lutte révèle
La sève et la flamme

( contribution spéciale à l’Oulipienne de l’année Michelle Grangaud sur )

15 février : Bon anniversaire à Gilles Esposito-Farèse. A la suite de Nicolas Graner, les oulipotes lui manifestent leur attachement. Voici ma contribution :

Intense, aimant fleurir aux étranges projets, f-
acétieux, émérite, au zénith erre Gef.
Ah ces cieux aimés rient. O zen, itère jet. F-
eintant, sème. Enfle rire. Ose être ange pro, Gef !

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10 février : Un tweet de Christiane Taubira ce jour dit «  On casse d’abord du bamboula puis du bougnoul puis du jeune puis du travailleur puis du tout venant».

Les cris de Paris

dans la zone du tout-venant
dans le repaire à bamboula
dans le dortoir à travailleur
on ne trouve que du bougnoul
on ne rencontre que du jeune

on ne peut pas comprendre un jeune
on ne voit pas le tout-venant
on se détourne du bougnoul
on se moque du bamboula
on n’a cure du travailleur

c’est plutôt rustre un travailleur
ça n’a pas de jugeotte un jeune
cervelle d’oiseau bamboula
rien à tirer du tout-venant
plus bas que terre est le bougnoul

il me dérange ce bougnoul
j’en ai marre du travailleur
je méprise le tout-venant
je ne supporte pas le jeune
enlevez-moi ce bamboula

ils vont casser le bamboula
ils vont défoncer le bougnoul
ils décervelleront le jeune
feront plier le travailleur
feront ramper le tout-venant

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4 février : Pour les 117 ans de Jacques Prévert, un palindrome :

Né de là, si rien n’oit à votre ver, Paris étonne si mis en notes. Ira Prévert ovationné : irisa l’Eden.

 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».