Journal 2019

3 février : Josette Audin, après une longue vie de courage dans la lutte pour faire reconnaître le meurtre de l’état français contre son époux Maurice Audin, s’est éteinte aujourd’hui. Une belle absente :

Josette, quel chemin rêvé de plomb figé,
Avec l’homme giflé, paqson jeté de bord.
Ô combat pour juger l’horreur, au front visqueux,
Qu’ont fols paras, d’abjecte rage, au champ gravée.
De quel bras vif portas ce juste blâme ! Hommage.

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25 janvier : Le Po’ouli, découvert grâce au magnifique avatar de Nerval (variante du Desdichado) écrit par Nicolas Graner. Cet oiseau reprend en anagramme le nom d’un mouvement littéraire dont Perec était membre, et comme lui nous émeut par sa Disparition.

Po-ouli

15 janvier : Nouvel opus de « La ronde », échange bimensuel entre blogs. Heureux d’accueillir le beau rondel d’Hélène Verdier :

L’abeille a mal

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Au soc de la coque de fer
D’arcs et de ciels flotte le monde
Était un son sortant de l’onde
Mer d’indigos et mâchefer

L’abeille a mal – bourdon de mer !
Forgeant des ronds, menant des rondes
Au soc de la coque de fer
D’arcs et de ciels flotte le monde

L’abeille rêve un univers
Soleils mouillés, galante sage,
l’abeille rit, danse sauvage !
Mais s’ébranlait le monstre amer
Au soc de la coque de fer

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Pour ma part j’ai l’honneur d’être accueilli sur le beau site de jacques pour « Le jeune prince et la jeune princesse » écrit d’après Shéhérazade de Rimski-Korsakov :

Pourquoi désirer si fort l’oubli ?
Pourquoi regretter le décret précipitant nos peines,
Ce donjon qui raconte, cruel,
Notre lente succion par l’obscur terreau ?
Le souvenir remonte endeuillé
Recouvrir l’impossible amour, fugitive ferveur,
Et survit l’innocente rougeur feutrée,
L’onde courbe des corps
Rejoints pour accomplir
L’indécente union, teints des frêles rayons
Qu’un pauvre astre inquiet pleure à genoux.

Cours, vent berceur sur la mer ouvrant liquide l’ondoiement serein jaillissant au milieu des jardins marins.
Cours, l’aube claire illumine l’ample caresse effleurant sans fin l’ivre écume tiède charriant un flot d’errances, frissonnant.

Tendus, nos bras offerts librement
Tournent sous l’immobile arceau froid d’un ténébreux tombeau.
Ils répètent ce brusque délire qui
Parcourut l’âme et la déchira.
Plus de détresse crispant nos nuits
Ni de serment d’éternel sort contraint, courbant à vie.
Car d’homme et femme est reçu, double, ce sang,
Breuvage merveilleux,
Voluptueux ferment.
Fort nos bouches de jaspe, chantant,
Nomment la mort jumelle douceur.

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Vous trouverez également ce texte sur le présent site, et vous pouvez en entendre une version chantée par l’auteur.

1er janvier : bonne (5×4);(5×4)-(5-4)

Combinez quatre et cinq par multiplication
Du produit retranchez des deux la différence
Que de ces résultats la juxtaposition
Vous apporte l’amour la joie et l’espérance

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En guise de cadeau ce palindrome express:

L’an déplaît au mage
Qui, soja n’aimant,
D’une croix l’image
Impose âprement.

« Zéro, ce dix neuf ! ». Ôte tofu : « En xi décorez. »