Journal 2015

16 décembre : Ouf ! la marque d’infamie sur Talipo est levée. J’espère que les blacklists qui en ont résulté le seront aussi…

Un gendarme du net avait (par quel mystère)
Déclaré Talipo « malicious » et « high risk »
Que d’efforts il fallut pour qu’une instance austère
Corrige son erreur : plus dur qu’avec le fisc…
Ouf ! Talipo n’est plus condamné à se taire.

15 décembre : La ronde, échange circulaire bimestriel entre blogs sur une idée d’Hélène Verdier et Dominique Autrou, paraît aujourd’hui. J’accueille avec un grand plaisir la belle « offrande » écrit par Elise, tandis que ma contribution paraît chez Wana.

14 décembre : Google m’a forcé à «accepter» ses règles odieuses d’exploitation des données confidentielles. Sinon pas de recherche possible. Comme sous l’inquisition, j’invoque la «restriction mentale» : je ne suis pas lié par mon click.

6 décembre : Un tanka sous la coup de l’actualité.

France j’ai pleuré
Mais notre amour reste fort
Car je le sais bien

Malgré l’hiver qui s’abat
France tu n’es pas fasciste

13 novembre : Non

2 novembre : Ecrit pour les 200 ans de George Boole :

Oolong shoota Boole ? Alcool ? Oooh ! Cooptons, tycoon surbooké. Boosta goodwill : saloons relookés, igloos hollywoodiens,  backrooms cocoon zooment papooses rebootant microordinateurs, notebooks… Groovez, boomers, woofers, didgeridoos !

15 octobre : Les membres de la liste Oulipo souhaitent un bon anniversaire à Alain Zalmanski pour ses 80 ans. Voici ma participation à cet hommage :

Bon anniversaire à  Alain Zalmanski,
avec  beaucoup  d’admiration,  et de
gratitude pour  la stimulation qu’il
a prodiguée à tout le monde Oulipien

Plume droite bondissant et paraphant la page, sécrète audace, passion, fluence des mots amis du sable. Ton sang s’écoulant pose un brocard céleste sur la ligne d’où part l’infini.

Ami du motif dur ton décalage s’entrelace. Il file, s’emballe à rebours dans de rieurs envols maléfiques, fichu farceur sifflant sur les défilés sages son piquant et vif tocsin.

Des fonds abrupts montant, un tribal chant s’étire et d’indistincts secrets s’exhalent. Sinuante vie tisse fil sur l’écrit contraint, sondant les clivants océans en devenir, les cirrus grondants, les miroirs d’or.

Cri fusera sur les agoras : farine et venin, soierie et tricot, avertis et vieillots allions, et s’ouvrent lipos, jeux, rimes, défis lettrés. Vivons l’azur, respirons l’inconnu.

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12 octobre : Pour une circonstance importante et joyeuse, ce petit poème :

     Germe la vie
     Amour est là
     Bain de nuée
     Roue élancée
     Ici commence
     Egrène temps
     Le bel envol

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4 octobre : Le site Zazie mode d’emploi vient de faire peau neuve. La nouvelle présentation est magnifique. A cette occasion le nouvel Oulipien de l’année a été désigné : il s’agit de Ian Monk. Voici une première participation à ce défi :

El abandonado

Je suis le glauque esprit, – le barman sans pourboire,
Le bourge londonien au bistrot fissuré :
On a crevé mes yeux, – mes lèvres au séchoir
Ne lampent qu’une mer de possibilités.

Dans le smog du possible, où je t’ai regardée,
Sois le bleu lumineux,  la clarté de l’esprit,
Le jour qui s’est cassé quand mes yeux t’ont fixée,
Et l’instant où j’ai bu ta boisson, si joli.

Je suis quoi ?  l’âne qui butine ? un pendant clair ?
De mes yeux, juste alors, ton visage est parti ;
Je regarde un poème où nagèrent nos dits.

Ô j’ai là comme toi rampé dedans la mer
Vers ces musiques-là mais d’autres yeux extraient
Ces choses qui de l’un pour l’autre sont laissées.

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26 septembre : je viens de prendre conscience que, contrairement aux années précédentes, l’opération « Dis moi dix mots » n’invite plus l’ensemble de la population à rédiger des textes, la « ronde des mots » ayant été supprimée. N’étant ni scolaire, ni étranger (les deux catégories encore prises en compte), je ne suis plus concerné par cette opération que je quitte à regret. On peut consulter ce qui aurait été mon texte : un fait banal.

21 septembre : Aujourd’hui se referme la parenthèse dans le Sankulipo qu’a constitué la période des sans-culottides. Pendant ces cinq jours  un poème quotidien a été écrit écrit selon la contrainte de la belle absente. On trouvera le cinquième ci-dessous, et l’ensemble à la page des sans-culottides.

Il existe une sixième sans-culottide, ajoutée les années bissextiles. Nous la fêterons exceptionnellement le 29 février 2016 et son beau nom, Révolution, fera de même l’objet d’un poème en Belle absente.

Avis : En prévision de ce jour spécial, chacun est invité à m’envoyer une Belle absente sur le mot Révolution, qui sera publiée sur ce site le 29 février.

5e sans-culottide

Jouvenceau mal peigné, diable qui siffle et chasse,
Vis-tu par fol hasard joli magot qu’au banc
J’oubliai, fort hagard, quand empli de vinasse
Jusqu’au plumard vaguais, beauf déchu titubant.
Qui va, d’un jour infect abrégeant lâche passe,
Trouver mon dû juché sous quelque engin forban ?
Jovial, d’air gratifiant, promis choquant ruban.
Eh bé, dit gars fâché, quel vieux pou ! je me casse.
Quoi, d’un colifichet j’ai part, morve gobant ?
Mon cochon, j’avais rang pour flots d’acquis probant.
J’ai pigé, qu’enchaînai. Va pour dollar flambant.

9 septembre : La commutativité, qui plaît à mon âme de mathématicien, fait que je me confonds avec l’un des grands noms de la littérature contemporaine. Je m’en amusais, mais quelques péripéties récentes m’ont fait prendre conscience qu’il est temps pour moi de passer au pseudonyme. C’est l’occasion qui m’a mené à la rédaction du texte ci-dessous, en bel absent.

L’arbre efface le nom

Quand mon cher nom filial, grave, je pose à terre,
Gravant du Talipo, choix qu’à jamais fourbis,
Signe aux jeux vifs qu’Oulipo chausse à mon débit,
Je vois optique fraîche : au diable gris mystère.

Qui fit Plumes d’Eros juche œuvre en bord du songe :
Je veux, changeant mon plomb, qu’illusion fonde, et plonge.
Fais que branches voient jour égal, pour moins se taire.

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8 septembre : Honoré que le Festival Permanent des Mots m’ait fait la commande d’un poème  O bel or qui a été publié dans son numéro 6 paru le 28 août 2015.

29 juillet : Depuis samedi Los Angeles accueille les Jeux olympiques spéciaux, réunissant des concurrents du monde entier en situation de handicap mental. Voici un pantoun  composé à cette occasion :

La flamme est montée haut sur la Cité des anges.
Ils courent : s’ouvre un peu la prison de leur tête.
Qu’une lumière au cœur lave mon mal étrange.
Qu’un élan vienne un peu m’emporter dans la fête.

23 juin : Posté sur Twitter, où tout va si vite, ce petit éloge de la lenteur ajouté au recueil Ouvrir.

la poésie  m'est dure  lente  produit peu
écrire  n'est  pas  juste combinatoire
la contrainte ne m'est que cette clé
libérant   la   saveur   enfouie
poème naît au fil des heures
quand je saisis la tension
entre sens  et  musique
ô  le  long  chemin
de  l'  écriture
fait de pierre
et   de
feu

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24 mai : Dans une semaine, le 31 mai, clôture des candidatures au Prix International du Pantoun Francophone « Pantun Sayang » qui sera inauguré et décerné pour la première fois lors de la Rencontre de Barbezieux, (9 et 10 juillet 2015), le premier grand événement littéraire francophone consacré au pantoun malais. Voici ma contribution, une série de cinq pantoums lipogrammatiques sur le thème des cinq sens.

Le sens de l’absence

Ton œil et le soleil règnent sur l’horizon
Et l’on fond envoûté de leur couleur céleste.
Triste Pierrot de lune, en l’obscure prison
D’un squelette figé, mine grise, je reste.

Ta bouche, goutte à goutte, en son gouffre entrouvert,
Cèle un flot de saveurs. O douceur caressante.
Sec à force mon cœur de se mettre à couvert,
Egrène abruptement sa fadeur marcescente.

Ta narine frémit aux senteurs du printemps
Et ce nez délicat tu dresses dans la brise.
Sang à peine battant, je m’abats, haletant.
La tempête m’étrangle et gèle ma banquise.

Ton oreille, attentive à l’océan sonore,
Parée de longs pendants, berce comme la mer.
Jamais onde n’atteint mon épais crâne aflore
Et la dendrite est rase en mon désert amer.

Ta main court sur mon front, y glissant un sillon
Plus chaud qu’un harmattan, plus marin qu’un alcool.
Mon poing s’ankylosant, tirant mon portillon,
Frissonnant au mistral, roidit, nouant licol.

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15 mai : La ronde, échange circulaire bimestriel entre blogs sur une idée d’Hélène Verdier et Dominique Autrou, paraît aujourd’hui. J’accueille avec un grand plaisir le beau texte écrit par Quotiriens, tandis que ma contribution paraît chez Gilbert Pinna.

1er mai : Comme les deux années précédentes, un cycle commence, basé cette année sur le calendrier républicain.  Son nom mêle la forme du haïku utilisée chaque jour, et un hommage aux Sans Culottes qui ont écrit une page de notre histoire.

30 avril : Après un an d’existence le cycle du Zodianku s’est achevé aujourd’hui. Ses 36 textes en forme de renku usant une contrainte basée sur les signes du zodiaque ont été l’occasion d’accueillir de nombreuses contributions d’amis Oulipotes ou Twittérateurs. Merci à tous pour cet échange plein e richesse. Pour le dernier texte du Zodianku j’accueillais avec reconnaissance les membres de la liste Oulipo :

Vents, frères du fleuve
venus du sud, de la mer
nés des steppes russes.1

Senteur exhalée d’Annan
Que le sable a répandue2

Fureur des nuées
Cet harmattan chaud s’abat,
Sec dessus l’erg nu.3

Quel mascaret d’espérance
Rechassa le vague à l’âme2

Prends l’heur en ces gemmes
Sculptant tes gestes futurs
Leurs splendeurs terrestres4

N’entends-tu pas cet augure
Que le temps mène au hasard4

Bébé des blés bleus
Né au creux du ruban blanc
De brume et de vent…5

La murène est dans le seau
Tu prends le râteau du temps5

Muse fuselée
Traverse une austère épave
Épure de fugue6

Flambeau fumant dans le vent
S’achève un labeur astral7

(1) Annie Hupé.
(2) Guy Deflaux ( @Wanatoctouillou )
(3) Françoise Guichard.
(4) Gilles Esposito-Farèse
(5) Nic Sirkis
(6) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)
(7) Nicolas Graner

 

22 avril : Journée internationale de la terre nourricière. A cette occasion un monovocalisme en e :

Ether, glèbe, cendres et mer,
Les éléments perdent le sens.
Des espèces et des essences
L’effervescence est en enfer.

Se désengendre cette terre.
De cette Mère en déshérence,
Venez, rêvez, prenez défense.
Descellez les cercles de fer.

Ouvrir la page du poème et sa traduction en anglais par Timothy Adès.

21 avril : Après un an d’existence, le Zodianku s’achève par un dernier texte dont toues les strophes sont composées par des membres de la liste Oulipo. Un grand merci à tous d’avoir accepté mon invitation. Votre participation au Zodianku est un grand honneur.

5 avril : Un message, transmis par la Ligue de l’Enseignement dans le cadre de l’opération « Jouons la carte de la fraternité », m’a été envoyé par Yanis, élève de CE2 à l’école de Villard-Sallet, en Savoie. Voici ce message:
« Je pense que c’est une bonne chose d’aider les gens qui en ont besoin. Et vous ? »
En réponse à cette belle phrase je lui ai envoyé ce poème, une quenine sur les mots «tendre», «la», «main», dédié à Yanis et la classe de CE2 de Villard-Sallet, intégré au recuil Ouvrir :

Tendre la main

Elle n’en peut plus d’attendre.
Il murmure « Je suis là »,
Doucement saisit sa main.

Comme elle est chaude la main,
Doigts noueux et paume tendre,
De celle qui reste là.

Son visage n’est plus las.
La malade, à pleines mains,
Offre son sourire tendre.

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15 mars : Heureux et fier d’avoir été invité à participer à La Ronde, un échange de poèmes sur internet, j’accueille Hélène Verdier, dans le cadre d’une ronde sur le thème « Le jeu » :

verdier2image-verdier-rondeOuvrir la page du poème.

Ma propre contribution est chez Dominique Autrou.

 

8 mars : A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, un isonnetwoosh :

femme-isonnetwoosh

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2 mars : Il y a trois jours un homme est mort sur un pont à Moscou pour ses convictions. Aujourd’hui, j’entreprends de porter sur mon site les poèmes de bienvenue  adressés aux nouveaux abonnés à mon compte twitter. Je ne sais pourquoi j’ai trouvé une résonance entre le poème d’aujourd’hui et l’actualité.

Le sang a recouvert de sa neige figée
Les coupoles de gloire où s’éteint l’apogée
Pour libérer le rêve entamons la plongée

19 février : Nouvel an chinois. Un petit monovocalisme :

rebelles entêtées
chèvres sveltes et lestes
errent en l’herbe verte
et de bêlements tendres
mes rêves s’entremêlent

15 février : Bon anniversaire à Gilles Esposito-Farèse. Voici un petit jeu de la vie dont la source n’est autre que l’intéressé :

L’homme peut toucher l’Eden
D’un vers ébauchant le ciel
Par le mélange inventif
De métier et d’impressions

Retrouver ce texte parmi les poteries

7 janvier : Après l’attentat contre Charlie Hebdo :

Je pleure douze personnes qui avaient mis leur vie au service d’un bel idéal.
Je pleure avec tous les Français,  touchés profondément par l’horreur de cet attentat.
Je pleure avec tous les artistes car notre communauté est atteinte dans son expression et c’est très grave.
Je pleure avec tous les musulmans car leur Dieu et leur Prophète ont eu la face maculée d’un sang hideux par trois faux croyants.

En l’honneur des victimes de cet attentat, une belle absente déposée dans le recueil «Le prix de la vie» :

Charlie Hebdo : le suis-je assez ?

Ris moqueur, plongeon frais, dit juste vous habitent,
Vous qui giflez toujours nos crânes pleins de plomb.
Vos croquis grincent dur, plumes jouent fol houblon.
Quel dieu sanglant, jabot flambant, chope si vite
Vifs compagnons que meut beau jeu d’un humoriste
Prosant valse de chaque jambage gonflant
Quand sort à jour profit crochu, gambit volant ?

Jamais griffe que plante un doigt brut ne vainc, triste,
Qui s’affranchit du joug pour abolir mot vil,
Et grave dans le roc qu’homme au juste profil,
Par grave et libre jeu, charme nos nuques fières.
Dramatique janvier brûle, et feu change  pierres.

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