Reflets de Liberté

En mes livres d’enseigné
En chênes et néfliers
En ces grèves en ces neiges
J’écris ces lettres

En milliers de lignes belles
En milliers de lignes vides
Pierre vin libelle cendre
J’écris ces lettres

En l’effigie de vermeil
En les épées des biffins
En les emblèmes des règnes
J’écris ces lettres

En friche vierge en désert
En les nids et les genêts
Le reflet des premiers rires
J’écris ces lettres

En merveilles des vigiles
En miches dès le réveil
Ces temps de lèvres éprises
J’écris ces lettres

En ces fripes de ciel vif
Etier fétide irisé
Bief plein de vie sélénite
J’écris ces lettres

En verger vigne et semis
En rémiges des sitelles
En l’hélice des éclipses
J’écris ces lettres

En ciels d’éveil incendiés
En ces mers en ces clippers
En cette cime démente
J’écris ces lettres

En lessive des ciels blêmes
En tempête détrempée
En cette rincée fétide
J’écris ces lettres

En les sentiers éveillés
En chemins de fer reptiles
En centres-villes fébriles
J’écris ces lettres

En mèche de cierge ignée
En mèche de cierge éteinte
En l’intime de mes gîtes
J’écris ces lettres

En le chien festif et tendre
Nez d’ébène relevé
Petits gestes imprécis
J’écris ces lettres

En le tremplin de l’entrée
Cent petits riens essentiels
Tiède cheminée bénie
J’écris ces lettres

En l’étreinte d’êtres chers
En ces rides de mes frères
Dextre et senestre serrées
J’écris ces lettres

En fenêtre des secrets
En ces lèvres si sensibles
Et préservées des silences
J’écris ces lettres

En mes niches éventrées
Mes enseignes renversées
L’enfermement tête vide
J’écris ces lettres

En perte exempte d’envie
En l’exil déshérité
En ce chemin vers l’enfer
J’écris ces lettres

En sérénité reprise
En le péril enlevé
En desseins sevrés de fiel
J’écris ces lettres

Féerie de ce simple terme
Je reprends chemin de vie
J’existe de te chercher
Et je t’épèle

Liberté.


Ce poème est une réécriture du poème Liberté de Paul Eluard. Cette version est un bivocalisme en e et i (ou de façon équivalente c’est un lipogramme en a,o et u).
C’est aussi un essai de poème-feuilleton. Il a été diffusé sur ce site et par tweets à raison d’une strophe par jour, du 17 mai au 6 juin 2013 : pour achever de réécrire les 21 strophes du poème initial  trois semaines furent nécessaires.

Merci beaucoup à Strofka pour l’isocélisme ci-dessous, remix de ce poème  :

remix-liberte_Strofka

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