Le pacte

D’une plume
Sombre, de ce pacte
Mon père signa les feuillets.
Il sourit à ma sœur et sa main ne trembla pas.
Partout dans le Bois jaillirent les danses, les rires, aussi le vin pétillant
Toute la nuit. Mais lorsque en s’étirant le crâne chauve du soleil se souleva par dessus son oreiller de cimes rougeâtres,
On entendit la rumeur métallique des convois exceptionnels, l’ombre des excavatrices engloutit nos chênes et nos fayards, puis mes amis regardèrent de leurs yeux rougis le ballet des engins.

Dès le jour
Sombre de ce pacte,
Des tours jaillirent jusqu’au ciel.
Ma sœur rayonna d’une scintillante beauté
Tandis qu’un voile de hideur envahit mon visage, que mon corps s’effondra.
Comme s’élevèrent portiques et parois de verre, ma sœur mariée aperçut le ciel, et la terre se ferma sur moi.

Oh la tache
Sombre de ce pacte
Qui s’abattit, froide et malsaine,
Quand on sombra dans l’oubli des vides sanitaires,
Quand bêtes et plants disparurent d’un monde noyé sous la gangue silencieuse.

Lendemain
Sombre de ce pacte
Où je perdis ma beauté pure
Mon simple bonheur et la tendresse d’une sœur.

Lors mon père,
Sombre de ce pacte,
Sous le pneu monstre du scraper,

Créature
Sombre de ce pacte,

Se coucha.

Cette page est écrite au passé simple. Quelques explications sur ce recueil sont disponibles ici.

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