maurice à l’aube

maurice est un ami
l’autre jour
c’était quand ?
on a dîné tous deux
au petit restaurant
perdus dans nos pensées
sans un mot

souvent     bien tard     crevé
je retourne à l’hôtel
il veille jusqu’au jour
les courbes ascendantes
la ville dort en paix

pour chaque ami qui monte
il se presse et l’accueille
d’une tape à l’épaule
sans un mot
et le jour devient fête

vienne un cri de colère
une douleur muette
il est ce compagnon
qui sait chasser la nuit
sans un mot

ensemble on s’est levés
pour qu’un vent fraternel
lézarde la banquise
parfois tandis qu’on marche
une ombre à son regard
sans un mot
reflète un gouffre sourd

le printemps suit l’hiver
bientôt les feuilles mortes
nos combats nos grandeurs
le merle tout joyeux
chacun va côte à côte
le portable en mains libres

hier il est venu
saluer les amis
d’une bourrade franche
d’un sourire très clair
sans un mot

hier il est parti
sans un mot
et nos yeux qui piquaient
ont perdu son sillage

 

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