Une Marseillaise harmonique

Nos gorges ce jour rendent grâce
Car la joie vient tout raviver.
La disette et la terreur sourde
Dont étaient meurtris nos tisseurs,
Nos nounous, les chargeurs, les charrons,
Sur nos cœurs droits fondent, plaies douces.
Pourvu qu’en ces jours d’incurie
De ce peuple l’âme grandie
Scande ce chant que l’audace cabre:
Unis, nous déchirons,
Unis, nos nœuds coulants !
Un cri renflé tonne hardi:
Forgeons l’homme de vie.


Ce poème suit la contrainte « harmonique« . Partant de l’air de la Marseillaise (sol sol sol do…), il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante:
la: a,h,o,v
si: b,i,p,w
do: c,j,q,x
ré: d,k,r,y
mi: e,l,s,z
fa: f,m,t
sol: g,n,u
Tant d’auteurs ont tenté en vain de proposer un texte alternatif à la Marseillaise. Pourquoi ne pas essayer de confier à une contrainte oulipienne le soin d’en dicter les mots?
Posté sur la liste Oulipo le 17 mai 2013.

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