Tire-bouchon

dans le doux cloître de son nid
sur table un litre de vieux côt
il appuie dans un geste las
son menton dépourvu de gras
sur son poing que serrent ses nerfs

son poème il lui veut du nerf
pas d’un texte rond comme un nid
ou tombant dans le rire gras
il le veut râpeux comme côt
pour réveiller le lecteur las

muse viens à mon secours ! las
sa feuille blanche à fleur de nerf
l’oeil rougi tel goutte de côt
l’âme est prisonnière du nid
d’un crâne embrumé de sons gras

Oulipo ! tuons le veau gras
la contrainte à son esprit las
comme oiselle aux poussins du nid
rend l’appétit, la voix, le nerf
l’ivre chaleur du sombre côt

comme au goulot coule le côt
cothurne squeezant tout le gras
le texte pur sans mal de nerf
surgit de doigts ni gourds ni las
le poème vole du nid

Contribution à la BLO 16, ouvrage collectif en l’honneur de Nicolas Graner à l’occasion de son cinquantième anniversaire.
C’est une Quinine sur les syllabes Ni-co-las-Gra-ner.

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