harpies

hein avoue-le
avoue-le donc ça fait mal
ça fait très mal
hein

quand l’enfer te l’a confisquée
quand la douleur t’a jeté au sol
la poitrine explosée les bras courus d’ondes telluriques
tu te voyais au plus profond de l’horreur

sur tes lèvres s’est éteinte la mélodie
de son étreinte embrasée
s’est tue la barcarolle
de vos mains se cherchant
s’est brisée la villanelle
de son front mêlant ses cheveux aux tiens

oh non
c’est pas fini
c’est dur hein c’est dur

elle n’est pas morte elle est là
assise comme toujours
juste à côté de toi
affairée sur son clavier d’ordi
le front penché vers un écran dont le miroir t’efface
l’odeur de ses cheveux te submerge
toujours près de toi sans le droit d’un regard

et l’enfer tout le jour à ton oreille siffle
avoue-le donc ça fait mal
hein avoue-le

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