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mercredi, 22 novembre 2017
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Et les somnifères ?

1 adulte français sur 10 a recours aux somnifères.

40% des Français prenant des hypnotiques ont une consommation régulière et supérieure à un mois (www.afssaps.fr). D’après l’arrêté du 7 octobre 1991, les prescriptions de somnifères ne doivent pas dépasser une période de quatre semaines, ce délai d’un mois correspondant au laps de temps nécessaire à un sevrage réussi. Les prescriptions de certains anxiolytiques ou benzodiazépines fréquemment utilisés comme tranquillisants et pouvant contrer l’insomnie sont légalement restreintes à douze semaines. En effet, des prescriptions limitées dans le temps permettent de prévenir l’apparition d'effets secondaires délétères et d’éviter la tolérance. La prise de somnifères ne doit pas être systématique, mais répondre à un besoin ponctuel. Des consommations abusives induisent une dépendance physique et psychologique.

Concernant les insomnies aiguës, dites d’ajustement, la durée du traitement pharmacologique doit être la plus brève possible et les posologies doivent être très faibles. Ce type d’insomnie se caractérise par l’apparition d'un stress ou d’une anxiété passagère dus à un évènement spécifique. Pour les insomnies chroniques la prescription d’hypnotiques ne doit s’effectuer qu’en cas d’aggravation transitoire de l’insomnie.

Si une pharmacodépendance s’installe, on observe souvent des céphalées, des amnésies antérogrades, une installation de dépression, des comportements inadaptés socialement, des phénomènes de déréalisation voire des prémices de toxicomanie quand les somnifères sont pris en auto-médication. Un arrêt brutal et non encadré peut aussi provoquer, dans le cadre d'un symdrome de sevrage, des insomnies de rebond engendrant une altération structurale du sommeil. On observe aussi souvent des troubles attentionnels et de la vigilance, des difficultés de concentration, une incoordination motrice, une recrudescence de la somnolence (Lader, 1998).

Qu'est-ce que la dépendance aux somnifères ?

De nombreuses substances prescrites pour leurs effets hypnotiques (i.e., qui aident à dormir) engendrent des dépendances chimiques. L’OMS ( www.who.int/fr) définit la dépendance physique comme « le développement d’un état physiologique altéré qui requiert une administration continue du produit pour prévenir l’apparition d’une affection caractéristique, le syndrome d’abstinence ». La dépendance chimique entraîne une utilisation chronique et infondée de substances actives et provoque, en cas d’arrêt soudain du traitement, des manifestations d’insomnie de rebond. Ces dernières engendrent de la fatigue et renforcent l’idée que seule la prise d’hypnotiques permet un confort du sommeil. C’est ainsi que la dépendance chimique se met réellement en place1,2. La dépendance opère quand l’usager ne peut plus arrêter sa consommation d’hypnotiques et que, sans celle-ci, un sommeil naturel et réparateur ne peut exister : on parle alors de pharmacodépendance. En somme, la dépendance chimique provoque une dépendance physique qui se traduit par des répercussions organiques en l'absence de l’apport de la substance active. Survient un état dit de manque, accompagné de symptômes physiologiques gênants. D’après Lader (1998)3, le syndrome de sevrage peut engendrer une recrudescence de l’insomnie, de l’anxiété, de l’irritabilité, des céphalées, de l’hypersensibilité sensorielle, des pertes de poids majeures, des convulsions… Ces réactions organiques sont d'autant plus importantes dans le cadre d'une consommation de somnifères chronique, et si les doses prises étaient élevées.

Le cercle vicieux de la prise de somnifères dans l'insomnie chronique

La prise de somnifères amène à court terme un réel soulagement en dissipant les difficultés d’endormissement. Cet effet quasi-immédiat est un puissant renforçateur : la solution rapide qu'apporte le médicament vous poussera à y avoir recours par la suite, encore et encore. Mais la consommation prolongée d’un même somnifère entraîne l’épuisement progressif de son effet. On continue de le consommer à la longue dans l'espoir de retrouver l'efficacité du début alors que le médicament n'a plus ou moins d'effet.

De plus, une consommation systématique transforme notre représentation de l'endormissement : le médicament est un interrupteur ON-OFF des états de veille. En consommant tous les jours, nous perdons les associations naturelles entre les rituels du coucher et de l’endormissement, qui est conditionné par le médicament. L'endormissement devient alors artificiel, non maîtrisé, induit et contraint par les contingences de la consommation de la substance. Ce conditionnement maintient le comportement de consommation en dépit d’une diminution progressive de l’effet actif de la substance chimique due aux effets de tolérance. Effectivement, tous les somnifères sont chimiquement de moins en moins actifs dans le temps. De plus, tout hypnotique induit une architecture non-naturelle du sommeil et engendre des effets secondaires sur le long terme. Parmi eux notamment, un renforcement de l’insomnie. En effet, pour maintenir constante l’efficacité du somnifère, les patients augmentent leurs prises, changent de substance ou, à défaut, maintiennent leur consommation alors qu’elle ne présente plus aucun bénéfice mis à part un effet placebo. Le traitement ne fonctionnant plus, les patients tentent de diminuer ou d’arrêter leur consommation. Mais ces sevrages non-encadrés entraînent des insomnies de rebond (difficultés d’endormissement accrues). Impuissant face à cette recrudescence des troubles du sommeil, les prises médicamenteuses apparaissent comme l’unique solution pour le patient qui, très fatigué, intensifie sa consommation. Ce surdosage provoque au long terme de la dépendance physique, psychologique et maintient les mécanismes de l’insomnie et sa chronicisation.

Reprenez le contrôle : ne laissez plus ni l'insomnie ni les somnifères décider à votre place

Dormium vous aide à comprendre les pièges du somnifère, à consommer de manière raisonnable en accord avec votre prescripteur et vous propose au besoin un programme efficace de sevrage.

 

Références scientifiques :

  1. Morin, C.M., Stone, J., Trinkle, D., Mercer, J., Remsberg, S. (1993). Dysfunctional beliefs and attitudes about sleep among older adults with and without insomnia complaints, Psychology and Aging; (3), 463-467.
  2. Schneider-Helmert, D. (1988). Why low-dose benzodiazepine-dependent insomniacs can’t escape their sleeping pills. Acta Psychiatrica Scandinavica; 78, 706-711.
  3. Lader, M. (1998). Withdrawal reactions after stopping hypnotics in patients with insomnia. CNS Drugs; 10(6), 425-440.

Stressé(e) rien qu'à l'idée de ne pas prendre mon somnifère

Avant les TCC, votre insomnie ?

"Mes insomnies me pourrissaient la vie tant au quotidien que pour des activités extra-professionnelles. Lors de l’arrivée du sommeil, je le voyais comme une tête noire à assommer à coup de médicaments."


Qu'avez-vous pensez des TCC ?

"J’ai été écoutée, entendue et comprise, ce qui est très important pour moi. Le fait de ne plus prendre de somnifères est une vraie libération et une grande victoire."


Ce qui m'a été utile dans les TCC?

"L’échange entre les participants a été bénéfique et prolifères pour entamer un sevrage réussi. Je ne regarde plus la TV dans mon  lit. Dès que mes yeux picotent, je vais me coucher. Le plus difficile pour moi a été le dernier quart du somnifère. La peur de ne pas y arriver. Mais finalement, la volonté l’a emporté."